
Glaciographie : Naissance d'une nouvelle manière de raconter les glaciers
Qu'est-ce que la glaciographie ?
La glaciographie est une pratique artistique, documentaire et sensible consacrée aux glaciers, à leur mémoire, à leurs transformations et à leur disparition.
Elle associe photographie, récit, observation, création artistique, transmission et sensibilisation pour rendre visibles et sensibles des phénomènes que les données scientifiques ne suffisent pas toujours à raconter.
La glaciographie ne cherche pas à remplacer la glaciologie.
La glaciologie étudie les glaciers.
La glaciographie raconte leur mémoire.
Qu'est-ce qu'un glaciographe ?
Le glaciographe est celui qui pratique la glaciographie.
Il n'est pas un simple photographe de glaciers : il peut être photographe, artiste, auteur, réalisateur, observateur ou tout simplement témoin.
Son rôle est de documenter les glaciers autrement : par l'image, le récit, l'émotion et la mémoire.
Le glaciographe cherche à conserver la trace de ce qui est là aujourd'hui mais pourrait ne plus être là demain.
Il témoigne de la beauté des glaciers, mais aussi de leur fragilité et de leur disparition.
Il fait le lien entre la connaissance scientifique et la perception sensible.
À l'origine du concept
Le concept de glaciographe est né d'une expérience personnelle.
Après plusieurs années consacrées à la photographie de montagne et de paysage, j'ai progressivement pris conscience de la transformation profonde des paysages que je photographiais.
En retrouvant les glaciers pyrénéens de mon enfance, j'ai découvert une réalité difficile à accepter : certains de ces glaciers avaient considérablement diminué et plusieurs étaient déjà condamnés à disparaître.
Je me suis alors retrouvé face à une question :
Comment photographier un paysage lorsque l'on sait que ce paysage est en train de disparaître ?
Je ne suis ni glaciologue ni scientifique.
Mais je suis photographe.
Et j'ai ressenti la nécessité de trouver un mot pour désigner cette nouvelle place que j'occupais face aux glaciers.
3 janvier 2025 — naissance du « glaciographe »
Le 3 janvier 2025, dans une publication LinkedIn consacrée à mon engagement pour les glaciers, j'emploie publiquement pour la première fois le terme « glaciographe ».
J'y écris :
« n'étant ni scientifique ni glaciologue, j'ai imaginé le terme de "GLACIOGRAPHE" pour mettre des mots sur cet engagement. »
Dans cette même publication, je donne une première définition du concept :
« Le glaciographe [...] est un témoin sensible des glaciers. »
Cette publication constitue le premier témoignage public daté de la création du concept.
[Lire la publication originale du 3 janvier 2025]
24 février 2025 — naissance de la « glaciographie »
Quelques semaines plus tard, le 24 février 2025, je donne un nom à la démarche elle-même.
J'écris :
« Depuis quelques mois, en imaginant cette idée de glaciographie, j'essaie de sensibiliser autour de moi par mes récits, mes images et mes prises de parole. »
La glaciographie devient alors le nom d'une démarche qui dépasse la photographie.
Elle englobe les images, les récits, les expositions, les conférences, les rencontres, la transmission et la sensibilisation.
[Lire la publication originale du 24 février 2025]
Pourquoi créer un nouveau mot ?
Il existe déjà la glaciologie, discipline scientifique consacrée à l'étude des glaciers.
Il existe également la photographie de paysage, la photographie documentaire, le photojournalisme environnemental et l'art écologique.
Mais je cherchais un mot pour désigner quelque chose situé à leur croisement.
Une manière de regarder le glacier non seulement comme un objet scientifique ou comme un paysage spectaculaire, mais comme une mémoire vivante de notre planète.
Le glacier devient alors un sujet à observer, à comprendre, à photographier, à raconter et à transmettre.
La glaciographie est née de cette nécessité.
Glaciologie et glaciographie
Le glaciologue :
Le glaciologue étudie scientifiquement les glaciers.
Il mesure leur évolution, leur dynamique, leur bilan de masse, leur structure et leurs interactions avec le climat et l'environnement.
Le glaciographe :
Le glaciographe observe et documente les glaciers par des moyens artistiques, photographiques, narratifs ou documentaires.
Il cherche à transmettre ce que les chiffres ne peuvent pas toujours provoquer : une perception, une émotion, une mémoire.
Deux regards, une même réalité
Ces deux approches ne s'opposent pas.
Elles sont complémentaires.
La science mesure la disparition.
L'art permet parfois de la ressentir.
Une glaciographie pour conserver la mémoire
Photographier un glacier aujourd'hui, c'est aussi photographier ce qu'il sera demain.
Une photographie peut devenir une archive.
Elle peut témoigner de l'existence d'une forme, d'une langue glaciaire, d'une vallée, d'un paysage ou d'un monde qui aura changé.
C'est pourquoi la glaciographie porte une dimension profondément mémorielle.
Elle ne cherche pas seulement à montrer ce que sont les glaciers.
Elle cherche aussi à conserver la trace de ce qu'ils auront été.
Les territoires de la glaciographie
La glaciographie peut prendre de nombreuses formes :
-
photographie ;
-
film et vidéo ;
-
récit photographique ;
-
littérature et nature writing ;
-
dessin et création artistique ;
-
archives visuelles ;
-
exposition ;
-
conférence ;
-
podcast ;
-
transmission pédagogique ;
-
intervention en entreprise ;
-
rencontre avec des scientifiques ;
-
actions de sensibilisation ;
-
témoignage de terrain.
Elle n'est donc pas une technique.
C'est une démarche.
Ma pratique de glaciographe
Depuis 2025, cette démarche prend différentes formes :
-
Photographies de glaciers des Pyrénées et des Alpes.
-
Récits consacrés à la disparition des glaciers.
-
Expositions.
-
Conférences et prises de parole.
-
Actions de sensibilisation.
-
Rencontres avec des scientifiques, des associations, des artistes et des acteurs de la montagne.
-
Interventions auprès des entreprises et des écoles.
Le glaciographe, témoin d'un monde qui change
Être glaciographe ne consiste pas à photographier la catastrophe.
Il ne s'agit pas non plus de transformer chaque glacier en symbole climatique.
Il s'agit d'abord de regarder.
Longuement. avec attention, avec connaissance, avec émotion.
Puis de transmettre.
Le glaciographe est un passeur entre le glacier et ceux qui ne peuvent pas le voir.
Il conserve des traces.
Il raconte des histoires.
Il donne une forme sensible à une transformation souvent invisible à l'échelle humaine.
Manifeste de la glaciographie
A travers leurs failles sommeille la mémoire du monde.
À leur surface s'écrit notre présent.
Dans leur disparition se dessine un avenir.
La glaciographie cherche à faire des glaciers
les nouveaux messagers de l'aube
Une démarche en construction
La glaciographie n'est pas une discipline scientifique instituée.
C'est un concept artistique et documentaire contemporain que je développe depuis 2025.
Le mot « glaciographie » a pu connaître historiquement d'autres usages sans rapport avec cette définition. Ma démarche ne consiste donc pas à revendiquer l'invention absolue du mot dans toutes ses acceptions.
Ma revendication est plus précise : je suis à l'origine du concept contemporain de « glaciographe » et de la définition de la « glaciographie » comme pratique artistique, documentaire et sensible consacrée à la mémoire des glaciers.
Cette distinction est essentielle.
Elle permet de distinguer l'histoire du mot de l'histoire du concept que je développe aujourd'hui.
Sources fondatrices
3 janvier 2025 — Première publication publique du terme « glaciographe » par Olivier Martel.
[Publication LinkedIn originale]
24 février 2025 — Première publication publique identifiée dans laquelle Olivier Martel emploie le terme « glaciographie » pour désigner sa démarche.
[Publication LinkedIn originale]
Cette page constitue la documentation publique de l'évolution du concept de glaciographe et de glaciographie développé par Olivier Martel depuis janvier 2025.
Sources d'inspiration
Après 5 années passées à parcourir les montagnes et ses paysages dans le cadre de mon activité d'artiste photographe, il était devenu impossible de rester insensible aux bouleversements de la nature.
L'impermanence et la fragilité des paysages sont depuis longtemps au coeur de ma démarche artistique.
En découvrant l'état des glaciers pyrénéens de mon enfance, j'ai pris brutalement conscience qu'ils allaient disparaître avant moi (et tant d'autres avec eux dans les Alpes d'ici 2050).
Et cela me bouleverse !
A l'origine de mon engagement, plusieurs glaciologues inspirants par leurs paroles, leurs travaux et lesurs livres ont tenu un rôle majeur :
-
Jean-Baptiste BOSSON, fondateur de l'association MARGE SAUVAGE
-
Pierre RENÉ, fondateur de l'association MORAINE, association pyrénéenne de glaciologie
-
Heïdi SEVESTRE
