Le Grand Canyon occupe une place centrale dans l’imaginaire occidental du paysage. Il a longtemps incarné l’idée d’une nature absolue et infinie : immensité, permanence et monde intact. Ce mythe persiste tandis que le territoire s’altère : pression climatique, feux, exploitation minière et raréfaction du vivant.
A travers ce récit en images, le sublime ne disparaît pas, il se retire et devient incertain, fragile.
Dans certains paysages, la terre respire. Elle s’ouvre, se creuse, se fracture lentement sous l’action du vent, de l’eau et du temps. Les canyons de l'ouest américain en sont les traces visibles, les profondes respirations de la roche